Diplômes d’étudiants | ERBA & LISAA | 2010
ERBA RENNES Un aperçu des diplômes DNSEP promotion 2010.

DNSEP DESIGN
Valerian Le Goalec
Rythme & processus. Une analyse du processus de création, le langage de la forme et la modulation d’objets.


DNSEP COMMUNICATION mention DESIGN GRAPHIQUE
Valery Ly
Les nouvelles technologies au service de nouveaux mode de lecture.


DNSEP COMMUNICATION mention EDITION
Julien Marty
Un univers graphique et plastique autour de la poésie des ruines et des dents creuses dans la ville.


LISAA RENNES Un aperçu des diplômes promotion 2010.

DIPLOME DE CONCEPTEUR DESIGNER GRAPHIQUE
Baptiste Péron
« Get Flavor Records »: travail et recherches sur la communication d’un label de musique électronique.
Consultez son carnet de recherches


DIPLOME D’ARCHITECTURE INTERIEURE ET DESIGN D’ENVIRONNEMENT
Benjamin Delais
« Holow »: concept d’ensemble de 4 logements sociaux saisonniers qui seraient proposés aux villes touristiques désirant ouvrir leurs portes à une autre clientèle et de proposer un tourisme écologique. Impact minimum sur l’environnement. Autonomie en énergie. Faible coût de construction.
« Le vélociste »: centre de promotion dédié au mouvement “fixie”, vélo à pignon fixe. Réhabilitation d’un ancien garage réunissant magasin, atelier de réparation, salle d’exposition.
« Alvéolaire »: pochette pour MacBook et MacBook Pro équipée de capteurs photovoltaïques pour recharger l’ordinateur où que l’on soit. Housse en papier Tyvek indéchirable. Structure en nid d’abeilles.
« BiKart »: panier gonflable pour vélo pliant pour faciliter et accompagner les déplacements des plaisanciers une fois sur la terre ferme avec un encombrement minimum sur le bâteau.

DIPLOME D’ARCHITECTURE INTERIEURE ET DESIGN D’ENVIRONNEMENT
Rachel Briot
« Remove »: mon projet répond au souci de mobilité des personnes accidentées sur la plage. Je propose une remorque qui s’accroche à la selle de n’importe quel vélo. Cet assemblage est à disposition des secouristes pour permettre un lien plus pratique et un transport plus simple des blessés vers les postes de secours du littoral et des plages.
« Les écuries St. Georges, squats pour artistes »: mon projet consiste en la réhabilitation de l’ancienne faculté dentaire, place du Pasteur, à Rennes. Tant que la ville ne sait pas quoi faire de cet emblème imposant, je propose d’y installer des squats pour artistes. Mon concept est basé sur la faille et la fissure. Chaque artiste s’approprie un espace. C’est un lieu de brassage artistique et d’échange.
« Jeu de lin »: mon projet répond au souci de propreté des points d’accroche des transports en communs. J’ai créé un bracelet dépliable en gant de protection. J’apporte un aspect esthétique, olfactif (microencapsulation), et hypoalergénique (caractéristique du lin) dans un milieu urbain.
« Un bar en 2050″: mon projet consiste à répondre au problème de la montée des eaux sur les plages de la Baule – Escoublac. Suite à plusieurs intempéries, les bars et restaurants de plage sont menés à disparaitre. J’y apporte une solution architecturale afin de pouvoir continuer à apprécier d’aller boire un verre ou manger en bord de mer.
Photographes : Cynthia TONNERRE
Anne TEXIER
Hélène BIOUX
DAVID ZÉRAH

Issu d’un parcours artistique à l’école des Beaux-Arts de Nantes et de Rennes, David Zérah développe une pratique photographique où le hasard et l’accident semblent côtoyer une intention visible de séduire ou de se perdre dans un corpus de citations littéraires et de sens cachés trop intimes pour les avouer. Il nous ouvre aujourd’hui les portes de son atelier pour nous en dévoiler quelques facettes …


Semprecosi : pouvez-vous me décrire votre atelier ?
Mon atelier, c’est à la fois un lieu de vie et de travail, je ne distingue pas les deux. Après mes études, j’ai obtenu un atelier-logement de la ville de Rennes et je n’ai jamais vraiment dissocié ma pratique artistique de mon lieu de vie. Il y a plusieurs années, j’ai proposé de faire de mon atelier un lieu de création en proposant une invitation à des artistes de Glasgow intitulée Bed & Workshop. L’invitation et l’échange étaient alors plus importants que la production elle-même, et ce fut une expérience artistique et personnelle très stimulante.


Semprecosi : vous exposez actuellement à LENDROIT, et ceci jusqu’au 26 Mars, en parallèle à cette exposition, vous avez édité un petit ouvrage photographique, pouvez-vous nous parler de ces deux procédés de monstration ?

Lendroit galerie est d’abord un lieu alloué à l’édition et c’est en ce sens que je souhaitais collaborer avec Mathieu Renard son responsable. Presque au même moment, le Centre d’art de la Criée et son directeur Larys Frogier me proposaient une aide à la production. L’idée de faire une exposition à Lendroit et de coproduire l’édition c’est fait naturellement. Cette édition est ma première monographie couleur et j’ai souhaité privilégier des jeux d’images autour de la notion de bugs. Pour ce qui est des photographies de l’exposition, les prises de vues ont été réalisées pendant une résidence à Annecy en 2007. Le carton d’invitation, reflète bien l’échange de ce projet.


Semprecosi : aujourd’hui, tout le monde pratique la photographie, c’est une question de nouvelles technologies avec du matériel de plus en en plus performant et de plus en plus accessible, je souhaitais savoir comment vous, vous considériez votre pratique dans ce contexte de photographie un peu facile à réaliser et à montrer. Et comment travaillez-vous concrètement, vous faites des repérages, vous étudiez les compositions ?

Effectivement, aujourd’hui, nous sommes « Tous photographes » comme l’a démontré William A. Ewing directeur du Musée de L’Elysée Lausanne. En ce qui me concerne, il n’y a à proprement parler pas de repérages photographiques. J’observe le réel qui m’entoure en permanence et je fais des choix. Parfois un lieu devient un repérage parce que j’y retourne. Ces choix sont en lien avec des situations de déjà-vu dans un imaginaire commun ce référent à des peintures ou à des films. Tout ce qui est d’ordre intime et personnel est non-dit ou détourné de son contexte originel. Je crée une mise à distance et je donne des indices pour que chaque spectateur construise son histoire et le renvoie à ses propres sentiments ou expériences. Dans la publication « amazing bugs » c’est un ensemble de situations imaginaires et réelles que je mixe ensemble.
Semprecosi : c’est assez amusant que vous utilisiez justement ce mot « détourné », car dans les photographies que vous exposez à Lendroit, on peut observer une mariée qui tourne le dos, des jeunes filles également de dos, qu’est ce que vous souhaitez dire par là ?


Outre l’aspect du droit à l’image, mais qui me semble accessoire ici car je ne présente pas des gens dans des contextes ou des attitudes qui pourraient nuire à leur « intégrité ». Je suis comme je vous le disais tout à l’heure un observateur mais aussi un réalisateur d’image. Dans le cas du diptyque « A Fairy Duet », celui avec ces deux filles, je me suis retrouvé dans une situation où j’ai eu l’impression de vivre deux fois le même moment, ce qui était un peu troublant. C’est un phénomène qui se ressent parfois avec la fatigue. Il y a comme un retard entre la situation vue et sa perception sensible. Quant à la photo « vin d’honneur », elle est entièrement construite et fait partie du projet que j’ai réalisé en résidence. Le choix de cette image correspond à l’attitude de mes interlocuteurs à l’époque pour ce projet et à une situation personnelle tendue. Mes choix d’images sont également le résultat d’une gestation. Une photographie peut rester dans mes archives pendant des années et un jour je vais en mettre une en relation avec une autre et cela aura alors du sens.
Semprecosi : c’est une grande question qu’est celle du choix d’images, l’Editing a beaucoup d’importance. Est-ce que c’est quelque chose de difficile pour vous en général, et sur cette exposition en particulier ?

Le choix d’images n’a pas été trop compliqué pour cette exposition, parce que, de façon très pragmatique, il s’agissait de présenter les tirages produit et l’édition. Toutes les photographies de l’édition avaient été déjà sélectionnées pour la page d’accueil de mon site Internet depuis trois-quatre ans.
Semprecosi : le choix du titre a beaucoup d’importance, pouvez-vous nous expliquer dans un premier temps comment vous faites votre choix et la signification de ceux-ci ? et pourquoi des titres en anglais ?

Le choix d’un titre en anglais est entendu à la fois comme un cadre à la photographie et une digression. C’est un référent hors du champ de l’image dont le sens est de dire autre chose ailleurs. C’est affirmer un espace poétique, un décalage, un espace impossible à traduire. Le titre de l’exposition à Lendroit n’est pas en anglais, mais utilise ce même principe. J’ai codé le mot blabla en langage de programmation Ook qui est une variante du brainfuck ! Cela signifie que dans mon travail, tout acte autour de mes images est indissociable de ce qui est à voir.
Semprecosi : aans ce cas précis, nous pouvons aborder le thème du statut, vous considérez-vous d’avantage comme un artiste, un photographe plasticien ?

La question du statut n’est pas fondamentale parce que j’ai remarqué qu’à chaque fois que j’abordais un médium, je ne questionnais ni sa fonction ni son histoire. Mon travail artistique est un ensemble d’interconnexions de sens, de formes, de références reliées les unes aux autres où je vais introduire des notions de hasard en filigrane : le titre « A Fairy Duet » a été choisi en ouvrant une page du livre de Lewis Carroll, Alice aux Pays des Merveilles.

Semprecosi : vos photographies rappellent souvent des images des années 1960, retouchez-vous les couleurs de vos images ?

Non, je ne retouche pas mes photographies. Il y a une unité dans les images, dans une gamme que le tireur du laboratoire a jugée bon d’interpréter avec mon accord.


Semprecosi : quels sont vos nouveaux projets ?
Je travaille actuellement avec la curatrice Patricia Fleming sur un projet de résidence en ligne pour « social landscape » afin d’approfondir les échanges culturels entre les artistes de Rennes et Glasgow. J’ai proposé de faire une série de portraits photographiques et vidéo d’artistes de Rennes et de Glasgow dans leur voiture. Chaque artiste parlera quelques minutes de son travail dans ce contexte. J’ai trouvé l’inspiration dans la serie LA artists in their cars réalisée 1963 par Joe Goode. A Glasgow, les prises de vues et film seront réalisées par un artiste local debut avril via un appel à projet sur Central Station et de mon coté je réaliserai localement les photographies et les interviews avec l’aide de Sébastien Ménard et sa web TV 23h60, ici à Rennes. J’ai préparé une serie de question que j’ai découpée dans des « Galerie Magazine » des années 1989/1990 pour l’encadrement des interviews. Ces interviews seront éditées et présentées ensemble pendant le festival Glasgow International le 18 avril 2010 et pendant la Biennale de Rennes à partir du 30 avril. Je serai à Glagow quelques jours pour suivre la présentation du projet.

Rédactrice et photographe : Émilie GUHUR


